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Un investissement pour l’avenir

En mai 2003, le Grand Conseil tessinois a voté à l’unanimité les crédits pour l’étude de faisabilité et la phase d’expérimentation d’une Carte de santé électronique. Après 18 mois de préparation, la phase expérimentale a débuté en novembre 2004, dans la zone urbaine de Lugano, avec 2500 patients volontaires. Il s’agit d’un projet pilote réalisé au niveau national et dont l’objectif est d’amener les citoyens à s’habituer à une gestion moderne des informations sanitaires.

De quoi s’agit-il exactement?
La Carte de santé électronique est une sorte de "carte d'identité de la santé": une carte munie d'un processeur – la puce – sur lequel sont enregistrées toutes les données relatives à la santé. L'obtention rapide et exacte de ces informations peut se révéler primordiale dans la protection de la santé. La vie privée est protégée du fait que le détenteur décide lui-même des données apparaissant sur la Carte ainsi que des personnes habilitées à lire ces données.

Pourquoi créer cette Carte de santé?
L'objectif est d'améliorer la communication entre les différents domaines médicaux et, par conséquent, la qualité des soins prodigués. Elle sert également à réduire les coûts liés à la santé grâce à une rationalisation des informations.

Comment les données sont-elles gérées?
Même dans le domaine médical, la technologie a radicalement modifié notre vie: pensez par exemple à la cardiotocographie ou à l’IRM. En revanche, en ce qui concerne l’organisation des données relatives aux patients, son utilisation n’est pas encore très répandue. L’introduction d’une Carte de santé n’est que le début de la création d’un réseau sanitaire informatisé sensé favoriser la rationalisation des soins.

Une vision claire pour une stratégie pragmatique
Il ne s'agit pas de contester les opportunités qu'offrent les instruments de la santé électronique. La résistance de la part des personnes travaillant dans le secteur de la santé à introduire ces instruments dans leur travail quotidien donne par contre à discuter.
Le choix de la Carte de santé en tant que premier instrument de santé électronique au Tessin est le résultat d'un consensus précieux entre les opérateurs du secteur de la santé, les patients, l’Etat et les assurances-maladie. La phase expérimentale sera organisée de sorte à tenir compte des exigences du contexte tessinois et à initier un processus soutenable à la fois sur les plans technique et organisationnel que culturel.
Le principe de Carte de santé proposé va parfaitement de pair avec une vision fédéraliste de la santé électronique par laquelle chaque Canton, dans le respect de sa propre autonomie en matière de politique de la santé, définit une stratégie de développement de la santé électronique qui tient compte des besoins et des craintes des personnes travaillant dans le secteur de la santé, sur son propre territoire.
En approuvant l'article 42a LAMal, le Parlement a habilité le Conseil Fédéral à introduire une Carte d'assuré. Si cette carte permet non seulement de satisfaire les besoins de l'assurance- maladie en matière de financement, mais également de développer des initiatives de santé électronique au niveau des cantons, notre pays aura réussi à jeter les bases d’une stratégie claire et pragmatique de santé électronique.